Quelques pas
Comme un plaisir immense
Une avance au désir
Et elle s’assoit
Ces doigts se croisent
Pour étendre les notes
Déposées sur l’air
Qu’elle nous enverra
Le plus humble de nos souffles
Le prendra tout ému
Nos âmes s’ouvriront
Comme on ne savait plus
Sur les craies de charbon
Sur le semblant d’ivoire
La sonate glissera
Entre deux désespoirs
Elle offre ces mains au piano
Te déconcerte et te fige dans le beau
Sa musique a cette bouche
Qui embrasse nos peaux
Chaque note se couche
A l’ombre de nos mots
Quelques pas
Feutrés comme le silence
D’un demi-soupir
Qu’on n’oublie pas
Ces mains s’agitent
Et détendent les notes
Désinvoltes comme l’air
Qu’elle délivre de ces doigts
Le plus court de nos souffles
Sans même une retenue
Libère de sa prison
Ce qu’on ne croyait plus
Sur un trait d’horizon
S’écrira son histoire
La sonate finira
Sur un morceau d’ivoire
Elle offre ces mains au piano
Te déconcerte et te fige dans le beau
Sa musique se couche
Sur les frissons des peaux
Chaque note sur nos bouches
Eclaire un peu nos mots
Ces quelques pas
Ce prélude au désir
Du toucher de ces doigts
M’attirent.
Ces mains se métissent
Aux touches blanches et noires
La pianiste d’un soir
Me grise.
Sa musique se penche
On ose y voir l’espoir
Des possibles mesures
Qui retiennent l’impensable…
Elle offre ces mains au piano
Te déconcerte et te fige dans le beau….
Ces notes ont les murmures…
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